Jérôme Olivier Fortin est coach professionnel certifié RNCP. Né à Québec, il a la double nationalité française et canadienne et s’est installé définitivement en France en 2009. Avant d’exercer le métier de coach, il a passé vingt-cinq ans sur les scènes du monde entier comme musicien professionnel, et une bonne partie de ce temps à diriger.
D’un pupitre d’orchestre au coaching
Encore jeune, Jérôme Olivier Fortin rejoint un orchestre très réputé avec lequel il joue à travers le monde, dirigé par une violoniste qui menait depuis son pupitre, laissant à chacun l’opportunité de s’exprimer, une forme de direction horizontale en quelque sorte. Cette manière de diriger, à la façon d’un coach, de tirer le meilleur de chacune et de chacun, l’a beaucoup marqué et l’a poussé à se questionner sur son propre rôle de leader. Cela a changé sa façon de diriger ses propres projets et l’a également amené à voir les choses depuis un autre angle. C’est de là qu’est née l’idée d’exercer le métier de coach et de s’y former.
Musicien professionnel, chef d’orchestre, formé dans des conservatoires supérieurs où il a également enseigné, il n’a pas quitté le métier de musicien d’un seul coup, ni même complètement d’ailleurs. Il s’est formé au coaching en continuant de jouer et de diriger, avant de passer la certification RNCP.
Il cherchait une réponse à un problème précis : comment diriger sans écraser, et sans se perdre soi-même. C’est le coaching qui apportait une réponse à cela. Ce qui l’a attiré, c’est qu’on ne donne pas de conseils, mais qu’on pose des questions auxquelles la personne trouve ses propres réponses. « Pour une dirigeante ou un dirigeant, ce n’est pas de se faire dire quoi faire qui compte, mais de pouvoir y voir clair. » Le cadre déontologique et la certification propres au coaching lui ont également paru essentiels dès qu’il s’agit d’accompagner quelqu’un.
Une pratique tournée vers les dirigeants et les équipes
Jérôme Olivier Fortin accompagne le plus souvent en individuel, et en collectif quand c’est avec l’équipe elle-même qu’il faut travailler. Les séances durent d’une heure à une heure trente, espacées de deux à trois semaines. Certaines personnes arrivent avec une question précise, d’autres avec l’impression que quelque chose ne tourne plus rond sans savoir quoi. Ce qui ne bouge pas, c’est le cadre confidentiel qui permet de dire les choses.
Il accompagne principalement des dirigeantes et des dirigeants, des personnes qui managent des équipes, rarement pour les mêmes raisons : certaines en pleine crise, d’autres parce qu’une situation s’est installée et qu’elles n’arrivent plus à la regarder de l’extérieur. Chez les dirigeantes et les dirigeants, le professionnel et le personnel ont tendance à se mélanger.
Plus largement, il accompagne toute personne qui sent un écart grandissant entre la vie qu’elle mène et celle qu’elle voudrait mener, souvent quand son rôle actuel n’y correspond plus ou s’en éloigne. C’est exactement pour cette raison qu’il a fondé Gouvernes : l’idée qu’à un moment, il faut reprendre la gouverne de sa vie plutôt que de continuer à la subir.
Le déroulé d’une séance
Une séance dure entre une heure et une heure trente, et commence à peu près toujours par la même question : de quoi voulez-vous me parler aujourd’hui ? Cela peut être un sujet présent depuis des semaines, ou quelque chose qui s’est passé la veille. Ensuite, on creuse : Jérôme Olivier Fortin pose des questions, reformule, dit ce qu’il entend, y compris quand ce n’est pas ce que la personne croit dire.
Le rendez-vous suivant a lieu deux à trois semaines plus tard. La personne repart parfois avec quelque chose à faire d’ici la fois suivante : une conversation à tenir, une situation à observer autrement, un essai à tenter.
Une posture chaleureuse et exigeante
La posture d’accompagnement de Jérôme Olivier Fortin est chaleureuse dans la relation, mais sérieuse sur le fond. « Mon rôle n’est pas de valider vos choix, c’est de vous aider à les regarder. » Concrètement, il écoute beaucoup avant de dire quoi que ce soit, puis rend à la personne ce qu’il a entendu, mot pour mot parfois, et c’est souvent là qu’elle entend pour la première fois ce qu’elle vient de dire.
Ce qui est essentiel pour lui dans la relation, c’est que la personne puisse tout dire : doutes, erreurs, ce qu’elle pense d’un associé, l’envie certains matins de tout arrêter. Pour cela, trois conditions sont nécessaires : que rien ne sorte de la pièce, qu’il n’ait rien à gagner ni à perdre selon ce que la personne décidera, ce qui lui laisse la liberté de refléter ce qu’il perçoit même quand cela dérange, et que la personne n’ait rien à lui prouver. « Je peux trouver une décision discutable et continuer à vous respecter entièrement. C’est même là que le travail devient intéressant. »
Un accompagnement fonctionne vraiment, selon lui, quand il crée un espace où la personne peut regarder ce qu’elle évite habituellement de regarder, parce que la relation est assez sûre pour cela, et parce que quelqu’un lui renvoie ce qu’elle ne voit pas elle-même. La régularité est essentielle : rien ne se déplace en une séance, c’est la continuité qui installe la confiance et laisse le temps aux prises de conscience de travailler.
Sa singularité : l’oreille du musicien
Ce qui distingue Jérôme Olivier Fortin, c’est d’avoir dirigé pendant des années, et donc de savoir ce que c’est d’être celui qui prend des décisions, avec la solitude qui vient parfois avec. Le fait d’être musicien nourrit aussi sa façon d’écouter : l’attention qu’il portait à ce qui se joue entre les notes, il la porte désormais à ce qui se joue entre les mots.
Il n’hésite pas à laisser des silences beaucoup plus longs que la normale, sûrement aussi une habitude de musicien. « Ce qui se passe juste après une phrase compte autant que la phrase, et si on enchaîne trop vite, on risque d’écraser ce qui allait venir. » Il lui arrive aussi de proposer une séance en marchant plutôt qu’assis face à face, quelque chose qu’il aime beaucoup faire et qui, pour certaines personnes, change tout : on dit des choses en marchant qu’on ne dirait pas assis dans un bureau ou en visio, parce qu’on ne se regarde pas et qu’il n’y a pas de table entre les deux.
Ses clients le décriraient ainsi : « Vous entendez ce que je ne dis pas, et à la fin c’est moi qui le dis. »
Des rencontres marquantes
Jérôme Olivier Fortin se souvient d’une personne sur le départ dans son entreprise, qui ne croyait plus rien y apporter. Elle lui avait dit, lors de la première séance : « De toute façon, ils ne verraient même pas la différence si je partais. » Quelques mois plus tard, elle n’était toujours pas partie, et surtout, elle avait retrouvé la motivation qu’elle croyait avoir perdue. « Ce que j’ai retenu de cette situation, c’est que vouloir partir n’est pas toujours vouloir partir, mais plutôt vouloir redevenir quelqu’un qui compte. »
Il évoque aussi un moment qui revient souvent, avec des personnes différentes : quelqu’un parle depuis un moment, cherche ses mots, tourne autour de quelque chose, et puis d’un coup se pose. Cela se voit physiquement : la respiration change, la voix se stabilise. Comme si ce que la personne pensait, ressentait et faisait, qui allaient jusque-là dans trois directions différentes, se remettait enfin dans le même axe.
Sa vision de l’accompagnement
Pour Jérôme Olivier Fortin, « aller mieux », c’est retrouver de la marge, ne plus être collé à ce qui arrive, et surtout pouvoir choisir sa réaction plutôt que la subir. La plupart des personnes qu’il accompagne ne changent ni de vie ni nécessairement de contexte pendant l’accompagnement. Ce qui change, c’est la place qu’elles occupent dedans : elles retrouvent leur place, dorment mieux, ne ruminent plus la même conversation à trois heures du matin, prennent enfin des décisions qu’elles repoussaient depuis longtemps.
Il aimerait déconstruire l’idée que le coach est là pour donner des conseils : c’est même souvent ce qu’on vient chercher, et c’est ce qu’il fait le moins, voire pas du tout. Une dirigeante ou un dirigeant qui vient le voir a déjà reçu beaucoup d’avis : associé, expert-comptable, conseil, famille. « Ce qui manque n’est pas un avis de plus, c’est une écoute ouverte, qui aide à réfléchir et à se retrouver. » L’autre confusion fréquente est de le prendre pour un psy, un rôle qu’il n’endosse pas : le coaching ne suppose pas de diagnostic ni de trouble à traiter, c’est un accompagnement vers un objectif, pas un soin.
À qui s’adresse son accompagnement
Jérôme Olivier Fortin recommande son accompagnement à toute personne qui sent que quelque chose ne tourne plus rond, sans forcément savoir dire quoi. Il n’y a pas besoin d’avoir un problème clairement identifié.
À qui hésite encore, il rappelle que l’hésitation est normale, et qu’elle porte souvent sur autre chose que ce qu’on croit : presque jamais une question de temps ou de budget, mais l’idée de s’asseoir en face de quelqu’un et de dire des choses qu’on n’a jamais dites. « Et le seul moyen de savoir, c’est d’essayer une fois. Trente minutes, sans engagement, et je vous dis franchement si je pense pouvoir vous être utile. »
S’il ne fallait retenir qu’une chose de son approche, ce serait que l’essentiel ne se joue pas en séance, mais entre les séances : la séance ouvre quelque chose, et ce qui compte, c’est ce que la personne en fait ensuite.
Informations pratiques
Jérôme Olivier Fortin exerce à Paris, dans le 3e arrondissement, en cabinet. Il se déplace également dans les locaux de ses clients en Île-de-France ou à Lyon, ce qui convient souvent mieux pour les accompagnements d’équipe, ainsi qu’en visioconférence, partout en France.
Types de consultations : premier échange de 30 minutes, offert et sans engagement, puis un accompagnement de six à dix séances en général, toutes les deux à trois semaines. Les tarifs sont indiqués sur sa page Priorise.
Vous pouvez prendre rendez-vous directement sur la page Priorise de Jérôme Olivier Fortin, où l’agenda est à jour, ou visiter son site : www.gouvernes.com. Le plus simple est de réserver le premier échange de trente minutes, offert et sans engagement.
Lien vers son profil Priorise : https://priorise.fr/praticiens/jérome-olivier-fortin