Argousier, huile et acérola : comprendre leurs différences et leurs principaux apports.
L’argousier, Hippophae rhamnoides, est un arbuste épineux reconnaissable à ses petites baies orange vif. Très résistant, il pousse notamment dans certaines régions d’Europe et d’Asie, parfois dans des environnements difficiles : sols pauvres, froid, vent ou altitude.
Ses baies présentent un profil nutritionnel particulièrement intéressant. Elles contiennent notamment de la vitamine C, des caroténoïdes, de la vitamine E, des polyphénols ainsi que différents acides gras. Mais lorsqu’on parle d’argousier, il est important de distinguer le fruit, le jus et l’huile, car ils ne possèdent pas exactement la même composition.
Une baie naturellement riche en vitamine C
La baie d’argousier est connue pour sa teneur naturellement élevée en vitamine C. Cette teneur peut toutefois varier selon la variété de l’arbuste, son lieu de culture, la maturité du fruit ainsi que les méthodes de conservation et de transformation.
La vitamine C contribue notamment au fonctionnement normal du système immunitaire, à la protection des cellules contre le stress oxydatif, à la formation normale du collagène, à la réduction de la fatigue et à l’absorption du fer.
L’argousier peut donc constituer une source végétale intéressante de vitamine C lorsqu’il est consommé sous forme de baie, de jus, de pulpe ou de certains extraits.
Qu’est-ce que l’huile d’argousier ?
L’huile d’argousier peut être extraite soit des graines, soit de la pulpe du fruit. Leur composition est différente et complémentaire.
L’huile issue des graines
Elle contient notamment différents acides gras, parmi lesquels des oméga-3 et des oméga-6, ainsi que de la vitamine E et des phytostérols.
L’huile issue de la pulpe
Elle se distingue particulièrement par sa teneur en acide palmitoléique, appelé oméga-7, mais aussi par la présence de caroténoïdes et de vitamine E. Ce sont notamment les caroténoïdes qui lui donnent sa couleur orange caractéristique.
Certains compléments associent d’ailleurs l’huile de graines et l’huile de pulpe afin de bénéficier d’un profil lipidique plus complet.
L’oméga-7, une particularité de l’argousier
L’un des éléments qui rendent l’huile d’argousier particulièrement intéressante est sa teneur en oméga-7, surtout dans l’huile provenant de la pulpe.
Cet acide gras est naturellement présent dans certains tissus de l’organisme. L’huile d’argousier est ainsi utilisée dans des compléments alimentaires et des produits cosmétiques destinés notamment au confort de la peau et des muqueuses.
Elle apporte également des acides gras qui participent à la constitution des membranes cellulaires et à l’équilibre des apports lipidiques.
Vitamine E et caroténoïdes
L’huile d’argousier apporte également différents antioxydants liposolubles. La vitamine E contribue à protéger les cellules contre le stress oxydatif.
Les caroténoïdes, pigments naturels responsables en partie de la couleur orangée du fruit, participent eux aussi à la richesse nutritionnelle de l’argousier. C’est donc surtout par son association d’acides gras, de vitamine E et de caroténoïdes que l’huile d’argousier se distingue.
Huile d’argousier et vitamine C : attention à ne pas les confondre
Une confusion est fréquente : puisque la baie d’argousier est très riche en vitamine C, on pourrait penser que son huile l’est également. Or, ce n’est pas réellement le cas.
La vitamine C est hydrosoluble : elle se retrouve principalement dans les parties aqueuses du fruit. Lors de l’extraction de l’huile, ce sont surtout les composés liposolubles qui sont concentrés, notamment les acides gras, la vitamine E et les caroténoïdes.
Ainsi, si l’objectif est principalement d’augmenter son apport en vitamine C, il sera généralement plus pertinent de choisir la baie, le jus d’argousier ou un autre aliment naturellement riche en vitamine C plutôt que l’huile seule.
Argousier et acérola : quelle différence ?
L’acérola, Malpighia emarginata, est un petit fruit rouge originaire des régions tropicales d’Amérique. Il est surtout connu pour sa teneur particulièrement élevée en vitamine C, ce qui explique son utilisation fréquente sous forme de poudre, d’extrait ou de comprimés.
L’argousier et l’acérola sont donc parfois comparés, mais leurs produits dérivés n’ont pas nécessairement le même intérêt.
L’acérola en comprimés
Les compléments d’acérola sont principalement utilisés pour leur apport en vitamine C. Lorsque l’on choisit ce type de produit, il est important de regarder la quantité réellement apportée par la dose journalière.
En effet, l’indication « 1 000 mg d’acérola » ne signifie pas forcément « 1 000 mg de vitamine C ». Il faut donc regarder sur l’étiquette la quantité de vitamine C indiquée par dose journalière. Certains produits contiennent uniquement de l’acérola naturellement riche en vitamine C, tandis que d’autres associent l’extrait d’acérola à de l’acide ascorbique ajouté. Lire attentivement la composition permet donc de savoir ce que l’on consomme réellement.
Huile d’argousier ou acérola : lequel choisir ?
Huile d’argousier : son apport principal se situe du côté des acides gras et des antioxydants liposolubles. Elle apporte de l’oméga-7, surtout dans l’huile de pulpe, ainsi que des oméga-3 et oméga-6, surtout dans l’huile de graines. Elle contient de la vitamine E et des caroténoïdes, surtout dans l’huile de pulpe. Son intérêt principal porte sur le profil lipidique, la peau et les muqueuses.
Acérola en comprimés : son apport principal est la vitamine C. Elle n’apporte pas d’oméga-7 de façon significative, et très peu de lipides en général. Sa teneur en vitamine E est variable selon le produit, tout comme ses caroténoïdes selon la préparation. Son intérêt principal est de compléter les apports en vitamine C.
Deux produits différents et complémentaires
Opposer l’argousier et l’acérola n’a finalement que peu de sens.
L’acérola se distingue avant tout par sa richesse en vitamine C. L’huile d’argousier se caractérise davantage par la présence d’acides gras, d’oméga-7, de vitamine E et de caroténoïdes. Quant au fruit d’argousier lui-même, il présente encore une autre composition puisqu’il associe notamment vitamine C et différents composés végétaux.
Le choix dépend donc de l’objectif recherché et doit s’intégrer dans une démarche globale reposant avant tout sur une alimentation variée et équilibrée.
À retenir : les compléments alimentaires ne remplacent pas une alimentation variée et équilibrée. En cas de traitement médicamenteux, de grossesse, d’allaitement ou de situation médicale particulière, un avis médical ou pharmaceutique est recommandé.
Bibliographie :
National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements. Vitamin C, Fact Sheet for Health Professionals.
Frontiers in Nutrition. Phytochemistry, health benefits, and food applications of sea buckthorn (Hippophae rhamnoides L.) : a comprehensive review.
Foods. From Nutritional Profile to Circular Bioeconomy : a Review of Sea Buckthorn Oil and By-Product Valorization.
Journal of Food Science and Technology. Acerola, an untapped functional superfruit : a review on latest frontiers.
Pour toute question sur votre alimentation ou vos compléments naturels, vous pouvez prendre rendez-vous avec Sylvie Gramelle sur sa page Priorise.
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