C’est un mardi matin ordinaire. Vous vous réveillez avec ce mal de dos lancinant au niveau des lombaires, celui-là même qui revient chaque fois que la pression monte au travail. Ou peut-être est-ce une poussée d’eczéma soudaine sur les bras, quelques jours après une dispute douloureuse ou une séparation difficile. Vous avez tout essayé : les crèmes apaisantes, les antalgiques, les rendez-vous médicaux en chaîne. Parfois, cela va un peu mieux. Mais invariablement, le symptôme finit par revenir. Vous commencez à vous poser des questions : « Pourquoi mon corps réagit-il toujours ainsi ? Pourquoi est-ce que je n’ai aucune prise sur mon corps ? » Si cette situation vous parle, rassurez-vous : votre corps n’est pas en train de vous trahir. Il essaie simplement de vous parler.
Vivre en ignorant les signaux de son corps a un coût élevé, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Lorsque nous traversons une épreuve (un deuil non fait, un conflit familial, un surmenage ou une dévalorisation profonde), notre premier réflexe est souvent de rationaliser, de « prendre sur soi » ou de balayer l’émotion sous le tapis pour continuer d’avancer. Mais l’esprit et la biologie ne font qu’un. Ce que le mental refuse d’exprimer, la biologie finit par l’imprimer. Pas comme une punition, un symptôme contre lequel vous devez vous battre, mais comme une solution biologique d’adaptation et de survie. Traiter uniquement le symptôme sans interroger la cause émotionnelle sous-jacente, c’est comme éteindre le voyant d’huile du tableau de bord de sa voiture en espérant que le moteur continue de tourner sans encombre.
Les enjeux et les conséquences du silence émotionnel
La chronicité des symptômes : un mal de dos non compris devient une lombalgie chronique. Un stress non évacué se transforme en spasmes digestifs, en migraines ou en insomnies.
L’épuisement mental et physique : lutter continuellement contre un symptôme sans en comprendre l’origine consomme une énergie considérable. On finit par se sentir vidé, impuissant et déconnecté de soi-même.
La répétition des schémas : sans prise de conscience, nous continuons d’alimenter inconsciemment les mêmes mécanismes de stress, les mêmes loyautés familiales invisibles ou les mêmes blocages relationnels.
Solutions et approche : une synergie unique entre corps et mental
Je suis Roxane Chotia, aujourd’hui coach et thérapeute, et comme vous, je suis passée par des états de perplexité face à ces émotions, blocages, obstacles et symptômes sur lesquels je sentais n’avoir aucune prise. Pourtant, lorsque j’entendais des personnes de mon entourage m’avouer se battre contre la maladie, cela me laissait perplexe.
En quoi cela pourrait-il bien être une solution pertinente de se battre contre soi ? Et c’est précisément cet aspect, qui me semblait être un non-sens profond, qui m’a conduite au décodage biologique.
Décodage biologique : origine et principe
« L’esprit a une grande influence sur le corps et les maladies y trouvent souvent leur origine. Une partie ne peut jamais être en bonne santé si l’ensemble ne l’est pas. » Franz Alexander
Formalisé dans les années 1990 par le psychothérapeute français Christian Flèche, mais développé par beaucoup d’autres comme Jacques Martel, le neurologue Pierre-Jean Thomas Lamotte ou le médecin Salomon Sellam, le décodage biologique repose sur une idée fondamentale : tout symptôme physique est une réponse d’adaptation de notre biologie face à un stress émotionnel intense, imprévu et vécu dans l’isolement.
Pour le médecin Salomon Sellam, une maladie n’est pas un dysfonctionnement du corps survenu par hasard, mais la traduction physique d’un conflit psychique intense qui n’a pas pu être résolu par la réflexion ou la parole. Il nomme ce processus le « Somato-Drame » : lorsque le psychisme est dépassé par la souffrance, le corps prend le relais en « somatisant » le conflit sous forme de symptôme.
Le système nerveux autonome (SNA) est le véritable régulateur automatique de l’organisme : il pilote en arrière-plan toutes les fonctions vitales dont nous n’avons pas conscience, comme les battements du coeur, la respiration, la digestion ou la température corporelle. Pour maintenir le corps en équilibre, il s’appuie sur deux branches complémentaires qui agissent comme un accélérateur et un frein :
Le système sympathique (l’accélérateur) : il s’active face au stress, à un danger ou un effort. Il accélère le coeur, dilate les bronches et prépare le corps à l’action (mode combat ou fuite).
Le système parasympathique (le frein) : il prend le relais au repos. Il ralentit le rythme cardiaque, stimule la digestion et favorise la régénération cellulaire (mode repos et digestion).
En décodage biologique et en gestion du stress, le SNA est central. Un stress émotionnel non résolu maintient la branche sympathique en surrégime, ce qui finit souvent par s’exprimer par des symptômes ou des tensions physiques dans le corps.
Précision du symptôme
Chaque zone du corps fait écho à une fonction précise et à une symbolique émotionnelle particulière. Par exemple :
La peau (eczéma, psoriasis) : elle est notre frontière avec le monde. Elle traduit souvent des conflits de séparation, de manque de contact ou, à l’inverse, un sentiment d’agression extérieure.
Les lombaires (bas du dos) : elles représentent notre soutien, nos piliers. Elles s’associent fréquemment à un sentiment de porter un poids trop lourd sans aide.
Les genoux : symboles de la flexibilité et du pliage, ils expriment des difficultés à céder, un conflit face à l’autorité ou un manque de souplesse (la peur de « mettre le genou à terre »).
Rappel déontologique fondamental : le décodage biologique est une grille de lecture émotionnelle complémentaire et ne se substitue en aucun cas à un suivi, un diagnostic ou un traitement médical conventionnel. Il intervient en soutien du bien-être global.
Conseils pratiques : quelques actions concrètes pour réapprendre à écouter votre corps
Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être au bord de l’épuisement pour commencer à prendre soin de votre santé émotionnelle. Voici des exercices simples que vous pouvez mettre en pratique dès aujourd’hui :
Pratiquez le réflexe « Météo Corporelle » (2 minutes par jour)
Chaque jour, prenez un instant pour fermer les yeux et scanner votre corps sans aucun jugement. Posez-vous cette question : « Où se situent les tensions aujourd’hui ? Ma gorge est-elle serrée ? Mes épaules sont-elles hautes ? Mon ventre est-il noué ? » Prendre simplement conscience d’un état physique stoppe le pilote automatique et rouvre le dialogue avec votre corps.
Posez la question du « Ressenti Émotionnel »
Lorsqu’un symptôme courant apparaît (une migraine, un mal de dos, une digestion difficile), demandez-vous : « Quelle émotion ai-je retenue juste avant que ce symptôme ne se manifeste ? Qu’est-ce que je n’ai pas osé dire, exprimer ou refuser ? » L’objectif est de faire passer l’information du corps vers la conscience.
Honorez votre besoin de sécurité et de calme
Le système nerveux ne peut se régénérer que dans un espace perçu comme sûr. Accordez-vous chaque jour de vraies pauses de déconnexion (marche en nature, respiration profonde, moment de silence). Offrez à votre corps l’autorisation de baisser la garde et de quitter le mode « survie ».
Conclusion : il est temps de retrouver votre équilibre
Travailler sur soi ne doit pas être un combat acharné ni un effort douloureux. C’est tout l’inverse : c’est un retour vers la simplicité, vers la résolution des conflits intérieurs et vers l’homéostasie, cet équilibre naturel que votre corps cherche sans cesse à maintenir.
Qu’il s’agisse de donner du sens à un symptôme physique, de vous libérer de schémas familiaux récurrents ou simplement de traverser une période de transition personnelle avec plus de sérénité, sachez que vous avez en vous toutes les ressources nécessaires pour évoluer.
Le premier pas est souvent le plus impressionnant, mais c’est aussi celui qui ouvre la voie vers une profonde libération.
Sources et références documentaires :
Flèche, Christian. (2001). Mon corps pour me guérir : décodage biologique des maladies. Éditions Le Souffle d’Or.
Alexander, Franz. (1950). Psychosomatic Medicine: Its Principles and Applications. W. W. Norton & Company.
Salomon, Edouard. (2012). Le grand dictionnaire des malaises et des maladies. Éditions Quintessence.
Lien vers son profil Priorise : https://priorise.fr/praticiens/roxane-chotia