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Harcèlement scolaire : victime ou harceleur, et si c’était votre enfant ?

Publié le 16/09/2026
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Savez-vous qu’en moyenne, un enfant par classe de collège est en situation de harcèlement scolaire ? Savez-vous aussi qu’un enfant harceleur ressemble, en apparence, à n’importe quel autre élève de sa classe ?

Vos enfants peuvent donc être harcelés, mais aussi harceleurs ! Levons les tabous.

Ce que les chiffres nous disent

Le baromètre du ministère de l’Éducation nationale, publié en juin 2026 sur la base des données recueillies en novembre 2025, est clair : 3 % des écoliers, 4 % des collégiens et 2 % des lycéens se déclarent victimes de harcèlement scolaire répété. Fait notable : pour la première fois, les élèves pouvaient répondre à ce questionnaire de manière nominative, sur la base du volontariat, ce qui pourrait en partie expliquer la baisse observée par rapport aux éditions précédentes. En apparence, des chiffres modérés. Mais derrière ces statistiques officielles, une réalité bien plus préoccupante.

Selon le baromètre 2025 de l’association e-Enfance/3018, 35 % des élèves de primaire et de collège, et 37 % des lycéens déclarent avoir été touchés par le harcèlement ou le cyberharcèlement. Le chiffre concernant les plus jeunes est en hausse de 11 points en seulement un an.

Et les conséquences ? Elles sont dramatiques : 25 % des victimes ont déjà pensé à se faire du mal ou au suicide, un chiffre qui monte à 39 % chez les jeunes filles.

Le tabou qu’on n’ose pas nommer

Quand on parle de harcèlement scolaire, on pense immédiatement à la victime. Et c’est légitime : elle souffre, elle a besoin de protection et d’accompagnement.

Mais il y a une question que peu de parents osent se poser franchement : et si mon enfant était le harceleur ?

J’ai pu le constater directement lors d’un colloque régional organisé par l’APEL à Tours en mars 2025, sur le thème du harcèlement. Le format proposait plusieurs ateliers, et j’étais la seule intervenante à traiter la question des enfants harceleurs, tous les autres portant sur les victimes. Les parents choisissaient librement leur atelier : très peu ont choisi le mien. Ce déséquilibre dit quelque chose : on accepte plus facilement de s’informer sur la souffrance de son enfant que sur la possibilité qu’il en soit l’auteur.

Ce tabou, je l’ai aussi observé côté enseignants, durant mes années comme professeure des écoles. Lors des répartitions de classes, l’élève repéré pour ses tendances au harcèlement était souvent celui qu’aucun enseignant ne voulait accueillir, alors que les enfants victimes trouvaient toujours une place, par réflexe de protection. Ce rejet, je ne le juge pas : accompagner ce type de « profil » est difficile, surtout sans formation spécifique. Mais c’est un constat qui mérite d’être posé.

Du côté des parents comme du côté de l’école, la tendance est donc souvent la même : protéger ou réparer plutôt qu’éviter. À l’instar de la prévention des agressions sexuelles, de plus en plus intégrée à l’éducation de nos jeunes garçons, il conviendrait d’élever nos enfants pour éviter de devenir des harceleurs. Protéger ne suffit pas, il faut aussi et avant tout prévenir.

Pourquoi un enfant devient harceleur

La première cause est structurelle

Vivre ensemble au quotidien génère souvent un effet bouc émissaire. Quand on possède un ennemi commun, le reste du groupe resserre les liens. Partager un espace clos génère aussi, d’instinct, le besoin de marquer son territoire.

Et le harcèlement est toujours une question de pouvoir et de domination. Certains élèves vont avoir plus que les autres besoin d’exercer ce pouvoir. Le but de l’opération : faire adouber son statut par les autres en contraignant la victime à adopter une posture humiliante.

Il n’y a donc pas de harcèlement à proprement parler sans groupe. Les données du ministère de la Justice le confirment : 34 % des incidents de harcèlement sont commis par des groupes d’élèves, contre seulement 8 % pour les autres types d’incidents graves.

Les causes éducatives

Un déséquilibre d’autorité, que ce soit son absence ou son excès, ainsi qu’un manque de reconnaissance, fragilisent l’enfant et le poussent parfois à chercher ailleurs la maîtrise ou l’attention qui lui manquent.

Les causes externes et le numérique

Un jeune peut aussi devenir harceleur sous l’effet de rencontres délétères ou de réseaux sociaux toxiques, y compris dans un cadre familial et éducatif par ailleurs sain. D’où l’importance de l’accompagnement des adolescents sur le numérique. 18 % des 6-18 ans ont été victimes de cyberharcèlement, un chiffre qui monte à 25 % des lycéennes. WhatsApp concentre à lui seul 41 % des cas, souvent dans des groupes de classe qui prolongent les tensions scolaires à toute heure, sans répit possible. Le numérique change la nature même du harcèlement : il abolit la frontière entre l’école et la maison, donne une caisse de résonance à la moindre moquerie, et permet à l’agresseur d’agir depuis l’anonymat ou la distance d’un écran, ce qui abaisse d’autant le seuil à partir duquel il passe à l’acte.

Enfin, un jeune harcelé dont on n’aurait pas pris soin peut devenir à son tour harceleur.

En tant que parent, que pouvez-vous faire ?

D’abord, ne pas minimiser, ni les signaux que vous percevez, ni les questions qui vous traversent. Le harcèlement peut prendre plusieurs formes, physique (coups, racket, bousculades), verbale (insultes, humiliation) ou psychologique (rumeurs, exclusion, mépris) : un enfant épuisé, qui ne veut plus aller à l’école, qui change de comportement, envoie un signal à prendre au sérieux.

Ensuite, osez en parler, avec votre enfant, avec l’école, avec un professionnel. Beaucoup de parents hésitent, de peur de donner de l’importance à une situation qui n’en avait pas. Mais parler à son enfant ne fabrique rien : on peut faire confiance à ce qu’il ressent. Poser la question, adaptée à son âge, ne crée pas le problème. S’il existe, elle le révèle. S’il n’existe pas, elle rassure.

Par ailleurs, veillez à poser une autorité juste : ni absente, ni excessive. Un cadre clair, qui évite de donner à l’enfant un sentiment de toute-puissance, et une vraie reconnaissance de ce qu’il vit, l’aident à construire ses propres limites et à apprendre à tolérer la frustration, deux appuis qui le protègent aussi bien du rôle de victime que de celui de harceleur.

De plus, donnez à votre enfant le goût de la passion, et cultivez la vôtre. Mon fils me le disait un jour, en rentrant du lycée : « Maman, les jeunes ils ne rêvent plus. » Ce n’est pas vrai de tous, mais un jeune sans passion, sportive, musicale ou autre, est plus exposé aux rencontres toxiques, en personne comme en ligne. Cet enthousiasme se transmet, notamment par les neurones miroirs : un parent passionné donne à son enfant plus de chances de trouver, à son tour, ce qui le fait vibrer.

Enfin, veillez toujours à l’estime de soi de votre enfant. Elle joue un rôle des deux côtés, mais pas de la même manière : chez le harceleur, c’est souvent une estime de lui déjà abîmée qui pousse au harcèlement, et qu’il reconstruit artificiellement en dominant les autres ; chez la victime, c’est l’inverse, c’est le harcèlement qui abîme l’estime d’elle-même. C’est précisément ce terrain que je travaille dans mon accompagnement, avec la méthode des Cercles de Vie : elle aide le jeune à se reconnecter à lui-même, à son identité et à sa relation aux autres, pour construire une confiance et une sécurité intérieure qui ne dépendent plus du regard ou de la domination d’autrui.

Et si le doute porte sur votre propre façon de faire, sur l’autorité, la reconnaissance ou la place que vous laissez à votre enfant, je peux vous accompagner vous aussi. Que cela concerne votre enfant victime ou votre enfant harceleur, je suis là pour vous aider à y voir plus clair, sans jugement.

Parce que l’adolescence n’est pas que fragilité : c’est aussi un âge extraordinaire de créativité, de passion et de force. Ensemble, donnons à nos jeunes l’occasion de déployer toutes leurs forces et tous leurs talents : qu’ils osent en confiance, et gagnent en puissance !

Si vous avez des doutes, des questions, ou si vous souhaitez simplement en discuter : écrivez-moi ou prenez directement rendez-vous sur mon site, astraia-coaching-academie.com.

Et pour rappel : le 3018 (numéro national, gratuit) est également disponible pour toute situation de harcèlement ou cyberharcèlement.

Mathilde Lartaut, coach professionnelle certifiée RNCP (niveau 6, mention jury), fondatrice d’Astraia Coaching Académie.

Sources :
Ministère de l’Éducation nationale, DEPP, Baromètre harcèlement scolaire, juin 2026 (données recueillies en novembre 2025).
Ministère de la Justice, Note d’information sur le harcèlement scolaire, novembre 2025.
Association e-Enfance / 3018, Baromètre annuel harcèlement et cyberharcèlement des 6-18 ans, octobre 2025.
Bruno Humbeeck, Pour en finir avec le harcèlement, éditions Odile Jacob, 2019.

Lien vers son profil Priorise : https://priorise.fr/praticiens/mathilde-lartaut

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