Coaching de vie

Être performant sans s’épuiser : mythe ou réalité ?

Publié le 17/06/2026
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Il est 18h. La semaine est officiellement terminée.

Et pourtant. Dans votre tête, la liste de lundi s’est déjà mise en route. Ce dossier pas tout à fait bouclé. Cette conversation difficile que vous repoussez depuis trois jours. Ce sentiment diffus que vous n’avez pas fait assez, alors que vous n’avez pas arrêté de la semaine.

Vous n’êtes pas en train de travailler. Mais vous ne vous reposez pas non plus.

Ce n’est pas un problème d’organisation. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est quelque chose de plus profond, une façon d’habiter votre travail qui vous coûte bien plus que ce que vous en retirez.

Que vous soyez entrepreneur qui porte tout à bout de bras, salarié qui absorbe sans jamais dire stop, ou dirigeant qui voit ses équipes s’effriter sans savoir comment les retenir. Cette sensation, vous la connaissez.

Alors voici la vraie question : peut-on vraiment être performant sur la durée sans finir à plat ? Ou est-ce qu’on nous vend là un beau discours ?

Ma réponse : oui, c’est possible. Mais pas de la façon dont on vous l’a enseigné.

Ce que vivent vraiment les gens et ce que les chiffres confirment

Dans mon travail d’accompagnement, je croise chaque semaine des personnes brillantes, engagées, sincèrement investies, et épuisées. Pas épuisées parce qu’elles manquent de motivation. Épuisées parce qu’elles n’ont jamais appris à se recharger autant qu’elles se dépensent.

Et ce que je vois dans mon cabinet, les données le confirment à grande échelle.

En France, plus d’un actif sur deux déclare avoir traversé un épisode de souffrance psychique dans l’année écoulée. C’est ce qui a conduit le gouvernement à faire de la santé mentale sa Grande Cause nationale pour 2025. Les troubles psychiques liés au travail ont doublé en douze ans selon Santé Publique France. Et selon plusieurs études de référence relayées par l’INRS, entre 2,5 et 3,2 millions de salariés seraient aujourd’hui exposés à un risque de burn-out.

Ce ne sont pas des statistiques abstraites. Ce sont des collègues qui s’absentent, des entrepreneurs qui ferment boutique avant d’avoir pu souffler, des managers qui tiennent debout à force de volonté, jusqu’au jour où ils ne tiennent plus.

Le grand mensonge de la performance

Pendant des décennies, on a associé la performance à l’effort maximal. Travailler plus, être disponible tout le temps, ne jamais montrer de signe de faiblesse. La hustle culture a érigé l’épuisement en médaille.

Sauf que ça ne fonctionne pas. Une étude de Stanford l’a démontré de façon implacable : au-delà de cinquante heures de travail par semaine, la productivité chute. Au-delà de cinquante-cinq heures, elle devient quasi nulle. Chaque heure supplémentaire coûte plus qu’elle ne rapporte.

Autrement dit : ce que vous croyez gagner en travaillant plus, vous le perdez en qualité de présence, en créativité, en capacité à prendre de bonnes décisions.

Et pour les entreprises, le coût est réel

La Haute Autorité de Santé place aujourd’hui la souffrance psychique au deuxième rang des maladies professionnelles en France, juste après les troubles musculo-squelettiques.

L’absentéisme, le turnover, la perte de qualité. Tout cela a un prix. Plusieurs méta-analyses internationales estiment le retour sur investissement d’une politique de prévention sérieuse entre 2 et 4 euros pour chaque euro investi. Ce n’est pas de la philanthropie. C’est du bon sens économique.

Ce que j’observe et pourquoi l’approche habituelle ne suffit pas

Quand une entreprise prend conscience du problème, sa première réaction est souvent de proposer des solutions individuelles : une appli de méditation, un atelier gestion du stress, peut-être une séance de yoga le jeudi midi. Ce sont de bonnes intentions. Mais elles ne s’attaquent pas aux vraies causes.

Car le burn-out n’est pas un problème de tempérament. C’est un problème de contexte. Et le contexte, ça se travaille.

Dans mon accompagnement, je rencontre trois profils qui reviennent régulièrement.

L’entrepreneur qui ne sait plus s’arrêter. Il a tout construit. Il connaît son sujet mieux que personne. Mais il n’a jamais appris à déléguer, à poser ses limites, à distinguer l’urgence réelle du bruit de fond. Chaque pause lui semble une perte de temps, alors que c’est précisément ce dont il aurait le plus besoin.

Le salarié qui absorbe tout. Il dit oui. Toujours. Parce qu’il est consciencieux, parce qu’il veut bien faire, parce qu’il ne veut pas décevoir. Il accumule les responsabilités sans jamais les rediscuter. Et un jour, son corps ou sa tête décide à sa place que c’est fini.

L’entreprise qui veut bien faire mais cherche fausse route. Elle met en place des actions de bien-être visibles, et c’est déjà bien. Mais tant qu’on ne touche pas à la charge de travail réelle, à la qualité du management, à l’autonomie laissée aux équipes, les symptômes reviennent. L’ANACT le rappelle dans ses travaux sur la QVCT : les vrais leviers de bien-être sont organisationnels, pas cosmétiques.

Ma conviction : performance et bien-être ne s’opposent pas, ils se nourrissent

Ce que la science du travail nous enseigne depuis des années, et que le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi a mis en lumière avec son concept de flow, c’est que les êtres humains sont capables d’une concentration et d’une efficacité extraordinaires. Mais cet état optimal n’émerge pas sous la contrainte. Il naît quand les conditions sont réunies : un défi à la hauteur des compétences, une attention non fragmentée, un sens dans ce qu’on fait.

Selon une enquête McKinsey auprès de dirigeants, ceux qui accèdent régulièrement à cet état estiment être jusqu’à cinq fois plus efficaces que d’habitude.

Cinq fois. Pas grâce à plus d’heures. Grâce à plus de présence.

Par où commencer concrètement ?

Voici quatre points d’entrée que j’utilise régulièrement dans mes accompagnements. Ils sont simples en apparence et souvent très révélateurs dans la pratique.

1. Observez ce qui vous recharge, pas seulement ce qui vous fatigue

On parle beaucoup de gestion du stress. On parle rarement de gestion de l’énergie. Pendant une semaine, notez en fin de journée deux choses : ce qui vous a vidé, et ce qui vous a rechargé. Ce que vous découvrirez en dit souvent plus sur vos vrais besoins que n’importe quel bilan de compétences.

2. Traitez la récupération comme une réunion stratégique

Pas comme une récompense. Pas comme un luxe pour les week-ends. Les sportifs de haut niveau planifient leur récupération au même titre que leur entraînement, parce qu’ils savent que c’est là que la performance se construit vraiment. Bloquez des plages dans votre agenda. Tenez-les. Votre cerveau a besoin de phases de ralentissement pour retraiter, consolider, créer.

3. Apprenez à dire stop avant la rupture

Les profils les plus investis, perfectionnistes, très engagés, à haute exigence envers eux-mêmes, sont souvent les plus exposés au burn-out. Non pas parce qu’ils sont fragiles, mais parce qu’ils ignorent longtemps leurs propres signaux d’alerte. Identifiez une situation récurrente où vous allez systématiquement trop loin. Décidez d’une règle simple pour la prochaine fois. Une seule. Et appliquez-la.

4. Si vous dirigez une équipe : regardez les conditions, pas les individus

Quand quelqu’un s’effondre, le réflexe est souvent de se demander ce qui ne va pas chez cette personne. La bonne question est différente : qu’est-ce que l’organisation lui demande qui n’est pas tenable ? Charge de travail, clarté des rôles, qualité de la relation managériale, droit à l’erreur, ce sont ces leviers qui font la différence sur la durée. Pas les challenges team-building du vendredi.

Alors, mythe ou réalité ?

Réalité. Sans aucun doute.

Mais à une condition : accepter de remettre en question ce qu’on vous a appris sur ce que signifie bien travailler. Ce n’est pas une affaire de quantité. C’est une affaire de qualité de présence, de clarté sur ce qui compte vraiment, et de courage pour protéger ce qui vous permet de durer.

Être performant sans s’épuiser, ça ne veut pas dire travailler moins. Ça veut dire travailler mieux, en étant pleinement là quand vous êtes là, et vraiment absent quand vous vous arrêtez.

C’est une compétence. Elle s’apprend. Et elle se travaille, souvent mieux à deux.

Vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire ? Entrepreneur, salarié ou dirigeant, si vous sentez que quelque chose doit changer mais que vous ne savez pas par où commencer, je suis là pour vous accompagner.

Sources

Ministère du Travail, Santé mentale, Grande Cause nationale 2025 : travail-emploi.gouv.fr/la-sante-mentale-grande-cause-nationale-2025
INRS, Épuisement professionnel (burn-out), dossier mis à jour en mai 2024 : inrs.fr/risques/epuisement-burnout
Santé Publique France, Souffrance psychique en lien avec le travail, mars 2024 : beh.santepubliquefrance.fr/beh/2024/5/2024_5_3.html
Haute Autorité de Santé, Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel, mise à jour 2025 : has-sante.fr, rubrique Burn-out
ANACT, Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT), guide 2024 : anact.fr/qualite-de-vie-et-des-conditions-de-travail
Pencavel, J. (2014). The Productivity of Working Hours. Stanford University / IZA Discussion Paper.

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Profil Priorise de Cindy Roublicq : https://priorise.fr/praticiens/cindy-roublicq

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