Vous êtes peut-être déjà allée vous coucher avec une seule chose en tête : « Il faut vraiment que j’arrête de penser. »
Vous avez pourtant essayé.
De vous raisonner.
De vous dire que tout allait probablement bien.
De regarder votre téléphone une dernière fois.
De demander à quelqu’un : « Tu crois que je m’inquiète pour rien ? »
Et puis, cinq minutes plus tard, une nouvelle pensée arrive. « Oui, mais… et si ? »
Si vous avez souvent l’impression que votre cerveau ne s’arrête jamais, vous connaissez probablement cette sensation : votre journée est terminée, mais votre tête, elle, continue à travailler.
Elle revient sur ce qui s’est passé.
Elle anticipe demain.
Elle imagine ce qui pourrait arriver.
Elle cherche ce que vous avez peut-être oublié.
Et surtout, elle essaie de trouver le scénario qui vous permettrait enfin d’être certaine que tout va bien se passer.
Pourquoi est-ce que je pense toujours au pire ?
Avant de chercher à faire disparaître ces pensées, il peut être utile de comprendre ce qu’elles essaient de faire.
Votre cerveau est une machine à anticiper. Et c’est plutôt une bonne chose. Anticiper vous permet de préparer un voyage, de prévoir un rendez-vous, de vérifier que vous avez vos clés avant de partir ou de réfléchir aux conséquences d’une décision.
Le problème n’est donc pas l’anticipation en elle-même. C’est lorsque votre cerveau semble avoir besoin d’anticiper tout le temps.
Un message sans réponse peut devenir : « Est-ce qu’elle m’en veut ? » Puis : « Est-ce que j’ai dit quelque chose de déplacé ? » Puis : « Et si notre relation changeait ? »
Et vous voilà à analyser une conversation de trois minutes qui, à la base, n’avait peut-être rien de particulier.
Pourquoi mon cerveau imagine-t-il le pire ?
Parce que lorsqu’une situation est incertaine, imaginer ce qui pourrait mal tourner peut donner l’impression de se préparer. Votre cerveau peut fonctionner un peu comme s’il se disait : « Si j’y pense maintenant, je serai prête si ça arrive. »
C’est particulièrement visible dans les périodes où vous avez besoin de contrôle :
Une nouvelle responsabilité au travail.
Une grossesse.
Une décision importante.
Une relation qui évolue.
Un déménagement.
Un événement que vous n’avez jamais vécu.
Plus l’enjeu est important, plus l’envie de savoir à l’avance peut être forte. Alors vous cherchez des informations. Vous posez des questions. Vous demandez l’avis de votre entourage. Vous vérifiez. Vous faites des listes. Vous rejouez les conversations. Vous essayez de trouver la bonne décision. Et pendant un moment, cela peut réellement vous rassurer.
Le piège : vouloir être sûre à 100 %
Le problème, c’est que certaines situations ne permettent tout simplement pas d’obtenir 100 % de certitude. Alors le cerveau recommence. « Oui, mais est-ce que je suis vraiment sûre ? » Et c’est reparti.
C’est parfois comme cela qu’une boucle d’anticipation s’installe : incertitude, inquiétude, recherche de réponses, soulagement, nouvelle incertitude. Et cette boucle peut être très fatigante. Parce qu’elle donne l’impression qu’il faut constamment faire quelque chose pour retrouver son calme : réfléchir davantage, chercher davantage, contrôler davantage.
Alors qu’en réalité, c’est parfois précisément cette recherche permanente de certitude qui entretient l’inquiétude.
« Pourtant, je sais que je me prends trop la tête »
C’est une phrase que beaucoup de personnes pourraient prononcer. Mais comprendre que notre réaction est disproportionnée ne suffit pas forcément à arrêter une pensée.
Vous pouvez parfaitement savoir que votre scénario catastrophe est improbable. Vous pouvez vous dire : « Objectivement, il n’y a aucune raison que ça se passe mal. » Et malgré cela, ressentir une boule au ventre. Ou avoir besoin de vérifier une nouvelle fois. Ou vous réveiller à 3 heures du matin avec une question qui vous semblait pourtant réglée la veille.
Ce n’est pas forcément un problème de logique. Une partie de ce fonctionnement se joue justement dans cette capacité à détecter rapidement une menace possible.
Et si votre imagination n’était pas le problème ?
C’est une question intéressante lorsqu’on travaille avec l’hypnose. Parce que les personnes qui anticipent beaucoup ont souvent une imagination particulièrement active. Elles savent imaginer une conversation avant qu’elle ait lieu, se projeter dans une situation, visualiser ce qui pourrait arriver, créer plusieurs scénarios en quelques secondes.
Cette capacité peut être épuisante lorsqu’elle est constamment dirigée vers le pire. Mais elle peut aussi devenir une ressource.
L’idée n’est pas de remplacer « Il va forcément se passer quelque chose de terrible » par « Tout va parfaitement bien se passer ». Ce serait simplement une autre façon de chercher une certitude.
L’idée est plutôt d’ouvrir d’autres possibilités :
Et si je pouvais faire face ?
Et si je pouvais trouver une solution au moment venu ?
Et si je n’avais pas besoin de tout prévoir pour être capable de gérer ?
Et si une partie de moi savait déjà s’adapter à l’imprévu ?
Ce que l’hypnose peut explorer quand on pense trop
L’hypnose ne consiste pas à mettre le cerveau sur pause. Et heureusement : vous avez besoin de votre cerveau !
Le travail peut plutôt consister à modifier la façon dont vous portez votre attention sur certaines pensées, dont vous vous projetez dans une situation et dont vous mobilisez vos ressources. On peut notamment travailler autour de l’anticipation, de l’incertitude, de la peur de perdre le contrôle ou de la sensation de devoir constamment trouver une solution.
L’imagination devient alors un outil de travail pour permettre à votre cerveau d’envisager autre chose que le pire scénario.
Parce qu’entre « Tout va forcément bien se passer » et « Tout peut très mal se passer », il existe énormément de possibilités. Et notamment celle-ci : « Je ne sais pas exactement ce qui va arriver, mais je peux être capable de faire face. »
Votre cerveau cherche peut-être à vous protéger
Lorsque vous pensez toujours au pire, votre cerveau ne cherche pas nécessairement à vous faire peur. Il essaie souvent de vous préparer. Seulement, lorsqu’il reste en permanence en mode anticipation, cette stratégie peut devenir épuisante.
En hypnose, on peut alors chercher non pas à supprimer cette capacité, mais à l’utiliser autrement. Votre imagination sait déjà très bien construire des scénarios. Et si elle pouvait aussi vous aider à construire une autre relation à l’incertitude ? Une relation dans laquelle vous n’avez pas besoin de tout savoir à l’avance pour vous sentir capable.
Si vous avez l’impression que votre cerveau ne s’arrête jamais et que vos pensées prennent trop de place dans votre quotidien, vous pouvez prendre rendez-vous avec moi. Je vous accompagne en cabinet ou en visio, selon ce qui vous convient. À très vite !
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