Expérimentez le lâcher-prise
Vos mots d’ordre : prendre les rênes de sa vie, décider, maîtriser tout ! N’avez-vous pas envie de lever le pied ? Pour votre..
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Comme tout changement important et brutal, une séparation, une perte ou un deuil nous déstabilise. En plus d’être un événement que nous n’avons pas anticipé, nous n’y sommes, de plus, souvent pas préparé psychologiquement. Pourtant, il va solliciter intensément notre capacité à s’adapter, à mettre en place et à construire une nouvelle stabilité dans laquelle nous pourrons nous épanouir à nouveau. Déjà faudrait-il en avoir envie.
Oui, pas envie ! Tout simplement, avec son cortège de : « j’aurais tellement voulu que…, j’aurais préféré que…, si seulement…, etc., etc. » Réécrire l’histoire dans notre tête, peaufinant les détails, les couleurs, les attitudes, les comportements, au lieu de se saisir de la réalité, quoi de plus humain. Même si, au bout du compte, cela équivaut plus à triturer dans la plaie pour l’empêcher de guérir plutôt que de la panser. Changer brusquement de situation est un challenge important. Quitter ce que l’on connaît, et parfois même, en dépit du fait que ce n’est absolument pas bon pour nous, s’apparente en général à un séisme.
Il nous fait entrer de plein fouet dans l’émotionnel, nous qui avons tendance à être dans la raison. Cela va nous gêner dans la création du nouveau modèle qu’il va falloir parvenir à mettre en place. Modèle qui va se heurter également à nos mécanismes de résistance au changement, plus ou moins important en fonction des personnes. Quoi qu’il en soit, pour passer de la situation A (situation initiale) à la situation B (situation où nous retrouvons à nouveau un début d’équilibre), il nous faudra oser lâcher prise et franchir les 7 étapes du deuil.
À ce stade, nous sommes « sous le choc » de la nouvelle. Nous nous trouvons en état de sidération, une défense de l’esprit face à une situation trop difficile à accepter et à absorber. La réaction, à ce stade, est alors de nier ou d’occulter la réalité.
À cette étape, nous commençons à réaliser que c’est bien réel. La douleur nous accable et nous pousse à nous sentir coupable, responsable.
À ce stade, nous ressentons de la colère face à l’injustice de la situation. Une bonne gestion de la colère est indispensable pour limiter les effets négatifs de cette étape.
C’est une étape de négociation. « Et si j’avais fait ci ou ça, nous pourrions revenir comme avant… » C’est la confrontation avec les faits qui va engendrer une attitude de révolte, tournée vers soi et vers les autres. La colère, où se mêlent l’amertume, la révolte et le sentiment d’injustice.
C’est un état de désespérance, d’abattement total qui nous plonge dans un état de solitude pouvant aller jusqu’à la dépression. On parle aussi de deuil préparatoire. En clair, cette phase est une préparation pour la suite. C’est une période plus ou moins longue et difficile selon les personnes. Malheureusement, beaucoup de personnes restent bloquées à cette étape par manque d’outils pour parvenir à la gérer et d’accompagnement adéquat.
La phase d’acceptation est le moment où nous prenons finalement la décision de vivre avec la réalité, pour le mieux, et commençons à émerger doucement du processus de deuil.
Dans cette phase s’amorce le processus de reconstruction, alors que nous cherchons des solutions et des moyens pour sortir de notre peine. Nous prenons conscience que nous sommes en train de nous réorganiser pour répondre aux obligations liées à toute vie en société. Se reconstruire amène à mieux se connaître, à découvrir ses ressources personnelles et à prendre conscience de son existence.
Notez l’étape dans laquelle vous pensez vous trouver. Notez l’émotion en présence. Décrivez, en détaillant le plus possible par écrit, ce que vous ressentez et ce que cela vous apprend sur vous. Le tout de façon objective, comme si vous décriviez une personne que vous pouvez voir en face de vous, sans jugement de valeur type bien ou mal.
Notez sur un cahier les points positifs de ce changement. Cela va s’avérer très difficile au début et peut-être que vous n’en trouverez pas. Cependant, essayez chaque jour de trouver quelque chose, même minime, à inscrire.
Visualisez le parcours que vous allez devoir effectuer et décrivez ce à quoi vous aspirez. En clair, la situation idéale que vous aimeriez atteindre en sortant de cette épreuve. Faites une frise chronologique.
Faites appel à un professionnel : coach en développement personnel, thérapeute, etc.
Pensez à vous nourrir sainement. L’alimentation a un effet antidépresseur naturel, à condition de l’utiliser correctement.
N’hésitez pas à demander de l’aide. Vous n’en aurez certainement pas envie, cependant s’entourer de personnes positives et aimantes va vous aider à ne pas vous sédentariser dans la dépression.
Rapprochez-vous de la nature : faire des balades en pleine nature, évitez au maximum de rester enfermée à ruminer et tourner en rond.
Si vous en ressentez le besoin, faites du sport. Se mettre en mouvement aide à évacuer l’énergie excédentaire et favorise la production de neurotransmetteurs tels que l’endorphine (sensation de bien-être), la dopamine (hormone du plaisir) et la noradrénaline (qui favorise la motivation).
Afin de faciliter la transition entre l’ancien et le nouveau, pouvoir dire « adieu » en paix est véritablement bénéfique. Dans la réalité, nous n’avons souvent pas l’opportunité de dire « adieu » comme nous le souhaiterions. Aussi, nous pouvons faire notre cérémonie de séparation à nous. Pour ce rituel, choisissez un endroit où vous vous sentez bien. Allumez des bougies, entourez-vous de vos souvenirs (photos, chansons, odeurs, vêtements, tickets de concert, etc.). Plongez au coeur de votre histoire, et écrivez ce que vous souhaitez dire à l’autre ou parlez-lui pour lui dire ce que la relation vous a apporté, accueillez chaque émotion qui se présente et reconnectez-vous à un souvenir pour lui dire « adieu » en paix.

On l’aura compris, les émotions sont les éléments clés de cette transition, mieux elles sont gérées, plus l’accès à la nouvelle situation sera facilité. Selon l’adage « ce à quoi on résiste persiste ». Aussi, développer une attitude d’accueil et d’acceptation face aux émotions, en général, et au changement, en particulier, se révèlera un atout précieux.
Le mot émotion vient du latin motio, qui signifie mouvement. Une émotion est un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur. Lorsque nous n’avons pas l’habitude d’être confrontés à nos émotions, ce mouvement que nous tentons d’annihiler ou de rejeter va se trouver renforcé par cette attitude de peur ou de rejet. L’attitude gagnante est d’accueillir nos émotions.
Pour cela, nous pouvons observer ce qu’il se passe à l’intérieur de nous quand survient l’émotion : « Qu’est-ce que je ressens physiquement ? Où ça se trouve ? Qu’est-ce que cela fait concrètement ? » Ou encore chercher le besoin caché derrière cette émotion : « Cette émotion me dit que j’aime vivre ceci, que j’ai besoin de ceci pour me sentir heureux, par exemple. Ou à quel besoin cela répond chez moi ? »
Les émotions offrent un moyen de communication riche entre nous et notre Moi profond. En les accueillant, nous avons l’opportunité d’accéder à des informations essentielles, même si pour y parvenir une gymnastique inhabituelle est nécessaire. Un peu comme apprendre une langue étrangère, mystérieuse et étrange. Et comme pour tout apprentissage, écoute, observation, bienveillance et ouverture d’esprit seront les clés de la réussite.
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