Comprendre l’héritage invisible transmis et comment s’en libérer.
Vous ressentez une anxiété profonde, difficile à nommer. Un sentiment d’être étranger à vous-même. Une fatigue qui n’a pas de cause apparente. Ou peut-être ce tiraillement constant entre deux mondes, deux cultures, deux fidélités impossibles à concilier.
Vos parents ont quitté leur pays. Ou vos grands-parents. Peut-être dans des conditions difficiles, sous la contrainte, en portant des deuils impossibles à faire. Et eux n’en ont jamais vraiment parlé.
Vous, vous êtes né ici. Vous avez grandi ici. Et pourtant, quelque chose en vous semble résider ailleurs.
Ce que vous vivez porte un nom, et une explication. Comme le souligne la revue Dialogue, les traumatismes liés à l’immigration ne se manifestent souvent dans toute leur ampleur que dans l’après-coup d’une transmission transgénérationnelle, se révélant véritablement à l’occasion de nouveaux traumatismes survenus à la seconde génération, voire à la troisième.
Pourquoi le silence de vos ancêtres vous affecte aujourd’hui
La migration ne se résume pas à un déplacement géographique. C’est une rupture. Une rupture avec la langue maternelle, les liens communautaires, les repères culturels, les morts qu’on ne peut plus aller visiter.
Cette rupture laisse des traces. Dans le corps d’abord. Dans le psychisme ensuite. Et ce qui n’a pas été dit, ce qui n’a pas été élaboré, ce qui a été tu pour protéger les enfants, tout cela ne disparaît pas. Cela se transmet.
Trois mécanismes principaux sont identifiés par les chercheurs.
L’identification : adopter inconsciemment les émotions ou les comportements de ses ancêtres, comme si leurs blessures étaient les vôtres.
La répétition : reproduire les schémas familiaux, les échecs, les ruptures, les conflits, sans comprendre pourquoi.
Le refoulement : porter des émotions que vos ancêtres n’ont pas pu exprimer, et qui remontent à la surface sous forme d’anxiété, de dépression ou de mal-être diffus.
Dans le contexte migratoire, ces mécanismes sont amplifiés. La migration crée des défauts de transmission, des ruptures dans la chaîne du sens familial. Ce qui, dans un contexte stable, aurait été transmis à travers les rites, les histoires, les objets, les cérémonies, ne l’a pas été.
Selon la revue Dialogue, plus encore que le traumatisme en soi, ce sont les secrets, les non-dits et la dissimulation de la réalité et de la souffrance vécue qui sont pathogènes pour les générations suivantes.
Les conséquences peuvent prendre des formes très diverses : un sentiment permanent d’être à sa place et nulle part à la fois, des conflits de loyauté entre la culture familiale et la culture du pays d’origine, une difficulté à construire une identité stable et intégrée, des troubles du sommeil, de l’anxiété chronique, des dépressions sans cause apparente, ou des difficultés relationnelles ou professionnelles récurrentes.
Ces souffrances sont réelles, légitimes. Mais elles ne sont pas une fatalité.
Mon approche : vous considérer dans votre globalité
Je suis psychogénéalogiste et analyste transgénérationnelle. Mon approche part d’un principe fondamental : vous n’êtes pas un problème à résoudre. Vous êtes une personne avec une histoire, une histoire qui commence bien avant vous.
Je ne travaille pas sur un seul symptôme. Je travaille sur vous : votre corps, votre histoire, vos émotions, vos origines, vos liens familiaux et vos appartenances culturelles. C’est ce que j’appelle considérer la personne dans sa globalité.
Voici ce que nous faisons ensemble.
La construction du génosociogramme : une représentation de votre arbre généalogique, qui va bien au-delà des noms et des dates. On y note les ruptures, les silences, les migrations, les deuils, les secrets, pour mettre en lumière les schémas invisibles qui se répètent.
Le déchiffrement des mandats transgénérationnels : qu’a-t-on attendu de vous, sans vous le dire explicitement ? Réparer une blessure ancienne ? Réaliser le rêve inachevé d’un parent ? Porter le deuil d’une migration ? Identifier ce mandat, c’est déjà commencer à s’en affranchir.
L’intégration de la dimension culturelle : en m’appuyant sur les apports de la clinique transculturelle, notamment les travaux fondateurs du Pr Marie Rose Moro, psychiatre, psychanalyste, docteure en médecine et en sciences humaines, référence de l’ethnopsychanalyse et de la psychiatrie transculturelle, je prends en compte votre univers culturel comme une ressource : c’est une partie de qui vous êtes.
Le travail de réappropriation : comprendre, c’est important. Mais la visée est de vous permettre de déposer ce que vous n’avez pas à porter, de réconcilier les parties de vous-même qui semblaient incompatibles, et de vous saisir pleinement de ce qui vous appartient déjà, ces parts de vous qui ont été tues, diluées ou escamotées.
Le Pr Marie Rose Moro l’exprime ainsi dans ses travaux sur la clinique transculturelle : ces enfants peuvent apprendre à transformer leur vulnérabilité transculturelle en véritable métissage créatif. La diversité peut devenir une ressource, et non un obstacle.
Quelques précisions importantes : la pratique de psychogénéalogiste et l’analyse transgénérationnelle ne sont pas réglementées en France. C’est pourquoi je fais le choix d’une pratique ancrée dans des références cliniques sérieuses, Abraham et Torok, Schützenberger, Moro, et supervisée. Une pratique que j’exerce toujours dans le respect de votre propre rythme et de votre consentement éclairé, naturellement.
4 gestes concrets pour commencer dès aujourd’hui
Vous n’avez pas besoin d’attendre une consultation pour commencer à explorer. Voici quatre actions accessibles, que vous pouvez initier seul.
1. Posez des questions à ceux qui sont encore là
Si cela vous est possible, interrogez vos parents, vos oncles, vos tantes, vos grands-parents s’ils sont encore vivants. Pas pour rouvrir des blessures, mais pour commencer à recueillir des faits. Quand ont-ils quitté leur pays ? Dans quelles conditions ? Qu’ont-ils laissé derrière eux ? Les réponses, même parcellaires, commencent à tisser du sens là où il y avait, peut-être, du vide.
2. Notez les schémas qui se répètent dans votre famille
Prenez un carnet. Sur une page, notez les événements qui reviennent de génération en génération : les ruptures, les maladies, les séparations, les difficultés financières, les décès prématurés, les métiers répétés. Vous serez peut-être surpris de voir émerger des récurrences que vous n’aviez jamais remarquées.
3. Reconnectez-vous à votre culture d’origine sans culpabilité
La culture familiale n’est pas une menace pour votre identité actuelle. S’intéresser à la cuisine, à la langue, aux traditions de vos ancêtres n’est pas une régression. C’est une façon de récupérer une partie de vous-même qui a été laissée de côté, et qui peut devenir, selon les mots du Pr Moro, un métissage créatif plutôt qu’un conflit.
Mettez des mots sur vos émotions sans les juger
Si vous ressentez de la honte, de la colère, de la tristesse ou de l’anxiété sans raison apparente, ne les chassez pas. Ces émotions sont peut-être des messagers. Écrire dans un journal, ou simplement nommer à haute voix ce que vous ressentez, commence à créer une distance entre vous et ce que vous portez.
Vous êtes le fruit d’une histoire, vous n’êtes pas condamné à la subir
Comprendre ce que vous portez, c’est déjà commencer à poser le poids.
L’analyse transgénérationnelle n’est jamais une quête de coupables. Ce n’est pas non plus une plongée indéfinie dans le passé. C’est un travail de décodage, pour comprendre ce qui vient de vos ancêtres et ce qui vous appartient vraiment. Pour distinguer leurs blessures des vôtres. Pour décider, en conscience, ce que vous souhaitez transmettre à votre tour.
Comme le documentent les travaux de la revue Dialogue, ce processus peut conduire à quelque chose de beau : l’élaboration psychique des vécus traumatiques peut ouvrir vers la création d’une identité nouvelle, plus riche et plus vivante, une identité où vos deux mondes ne s’opposent plus, mais se nourrissent l’un l’autre.
Vous n’avez pas à choisir entre qui vous êtes et d’où vous venez.
Ce travail n’est pas toujours facile. Mais il est possible. Et il mérite d’être fait avec quelqu’un qui vous accompagne sans jugement, avec rigueur et bienveillance.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, si vous sentez que quelque chose en vous cherche à être compris, je vous invite à prendre contact. Nous commençons toujours par un premier échange, pour que vous puissiez poser vos questions, et que je comprenne ce que vous traversez.
Sources de référence
Revue Dialogue, Traumatismes et migrations, F. Duparc (2009), CAIRN : cairn.info/revue-dialogue-2009-3-page-15.htm
Revue Dialogue, Défauts de transmission symbolique dans la migration (2009), CAIRN : cairn.info/revue-dialogue-2009-3-page-29.htm
Pr Marie Rose Moro, Clinique transculturelle, Hôpital Cochin AP-HP / Université Paris Cité : marierosemoro.com
Élisabeth Darchis, Transgénérationnel, Vocabulaire clinique de l’analyse de groupe (2025), CAIRN : shs.cairn.info/vocabulaire-clinique-de-l-analyse-de-groupe–9782749282213-page-357
Revue L’Autre, Cliniques, Cultures et Sociétés, revue transculturelle de référence : revuelautre.com
Prenez rendez-vous pour une première consultation découverte.
Profil Priorise de Cécile Migoli : https://priorise.fr/praticiens/cécile-migoli